Maisons sur pilotis Bajau en mer de Célèbes
Village sur pilotis de pêcheurs Bajau sur l’île de Bongao, dans la province de Tawi-Tawi, au sud de l’archipel des Philippines. Cette ethnie qu’on appelle les « nomades des mers » s’est progressivement sédentarisée pour survivre face aux effets de la surpêche et de la pollution des écosystèmes marins en mer de Célèbes. À l’origine, le peuple Bajau, qu’on surnomme aussi les « gitans des mers », vivait sur leur bateau conçu comme une véritable petite maison flottante (le « Lepa » à une seule voile). Mais aujourd’hui menacée de disparition, l’ethnie se regroupe près de zones urbaines où ils construisent des maisons sur pilotis, comme ici près de la ville de Bongao. Ce nouveau mode de vie leur permet de renforcer la solidarité communautaire et de diversifier leurs sources de revenus avec les citadins. Les conditions de vie dans ce type d’habitat sur pilotis sont rudimentaires : pas d’accès direct à l’eau potable, pas d’électricité, pas de gestion des déchets et de traitement des eaux usées. Et les badjaos n’ont aucun statut officiel, ni de droit de vote, donc ils ne bénéficient d’aucune aide, notamment pour la santé. Au niveau de l’accessibilité, en dehors du bateau, certaines habitations sur pilotis sont accessibles par des pontons reliés par des planches étroites suspendues, et depuis ces habitions on peut accéder à d’autres maisons reliées entre elles par d’autres planches. Parfois ce sont deux bambous reliés ou deux tasseaux encore plus instables qui permettent de relier les maisons (comme ici à droite de la photo). Ce réseau forme ainsi comme une toile d’araignée sur l’eau.
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Photo issue d’un reportage sur le peuple Bajau vivant sur l’île de Bongao dans la province de Tawi-Tawi aux Philippines.
Voir la série : « Les enfants oubliés de Bongao » en argentique couleur.
Cette série a reçu le Prix de la Photographie de Paris 2025 (PX3) « The State of the World ». Exposition visible du 8 au 14 novembre 2025 à la Galerie 24b Paris 1er.