Foi

Portrait d'une femme souriante à sa fenêtre dans une favela à Rio de Janeiro - Christophe MOEC

Portrait d’une femme souriante à sa fenêtre, elle est vêtue d’un foulard de tête, dans la favela Pavão-Pavãozinho, à Rio de Janeiro. Elle souffre d’un cancer de l’estomac, avec le temps, les sourires se font plus rares. Plus bas, sous sa fenêtre, au niveau des fondations, elle a inscrit sur son mur le mot «  » (foi en portugais). « C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls mais enchaînés à un être d’un règne différent, dont les abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps. Quelque brigand que nous rencontrions sur une route, peut-être pourrons-nous arriver à le rendre sensible à son intérêt personnel sinon à notre malheur. Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre, pour qui nos paroles ne peuvent pas avoir plus de sens que le bruit de l’eau, et avec laquelle nous serions épouvantés d’être condamnés à vivre », Marcel Proust, Le côté de Guermantes.