No be lie
Photographie d’un homme nu dans une rue agitée du quartier d’Ikeja à Lagos Mainland, au sud-ouest du Nigeria. Son regard est absent, il a complètement perdu le contact avec la réalité, il souffre de troubles psychotiques aiguës suite à une prise toxique hallucinogène (« pharmacopsychose »). L’homme transpire du fait de son stress et de l’accélération de son rythme cardiaque, il subit une perte de contrôle (« dépersonnalisation »). Ironie du sort, Ikeja est un quartier animé et industriel qui compte notamment de nombreuses usines de textile. Mon titre reprend l’inscription de la vitre du van, il s’agit de pidgin nigérian (créole à base lexicale anglaise), cela veut dire « ce n’est pas un mensonge ». Cette expression a une portée plus large, elle signifie aussi « le pidgin n’est pas un mensonge », comme une affirmation que le pidgin nigérian est une langue légitime et couramment utilisée. L’ancrage linguistique est essentiel à l’identité individuelle et culturelle… ce qui fait précisément défaut à cet homme hagard incapable même de s’exprimer dans son état actuel.
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Une série issue de mes photos prises à Lagos a obtenu la première place du Prix international MonoVisions – Black & White Street Photography Series of the year 2025.