Lagos, une mégapole sans toilettes publiques

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Trois hommes en train d'uriner dans la rue à Lagos au Nigeria - Christophe MOEC

Photographie de trois hommes en train d’uriner dans le centre de Lagos Mainland, au Nigeria. La plus grande ville d’Afrique ne possède pas d’urinoirs collectifs. Ainsi, satisfaire ses besoins naturels dans la rue n’est pas considéré comme un geste incivique, c’est juste la norme pour les 22 millions de lagossiens et de lagossiennes qui ne disposent pas de « sanisettes » JCDecaux. Cette situation engendre de sérieux problèmes de santé publique : d’une part, la population ne se lave pas les mains après avoir satisfait un besoin naturel ; d’autre part, les urines affectent l’environnement où les bactéries infectieuses se dispersent ; autant de facteurs qui favorisent la transmission des agents pathogènes par contact (jusqu’aux germes alimentaires par la prolifération des insectes, mouches, cafards, etc.).

Ci-dessous, une mise en garde manuscrite murale du quartier animé de Yaba à Lagos. Il s’agit d’un avertissement pour dissuader les piétons d’uriner contre ce mur, sous peine d’une amende de 50 000 nairas. Ce montant représente approximativement 30 euros, or c’est équivalent au salaire mensuel d’une grande partie de la population active. La personne a donc souhaité ici marquer les esprits pour dissuader au maximum, car généralement ce genre d’annonces se situent entre 5 000 et 25 000 nairas.

Enfin, ci-dessous, un panneau d’affichage public du Ministère de l’Environnement et des Ressources en eau de l’État de Lagos, toujours dans ce même quartier populaire de Yaba. Il exhorte les citoyens à ne pas déféquer (« faire caca ») dans la rue. Le taux de défécation à l’air libre est relativement élevé au Nigeria (18% en 2025) et plus encore à Lagos (28,5 %, selon une étude plus ancienne), or cette pratique constitue un enjeu de santé publique car en l’absence de système d’assainissement, les eaux de pluie sont contaminées et s’infiltrent dans les sols favorisant le développement des maladies hydriques (dysenterie, choléra, hépatite A).



Une série issue de mes photos prises à Lagos a obtenu la première place du Prix international MonoVisionsBlack & White Street Photography Series of the year 2025.