Pêcheurs de Saint-Jacques à Hokkaido

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Un marin japonais d'Hokkaido trie les coquilles Saint-Jacques à bord du bateau de pêche - Christophe MOEC

"Pêcheurs de Saint-Jacques à Hokkaido" en argentique noir et blanc

Série réalisée à Ōmu, une bourgade rurale du nord d’Hokkaidō au Japon, au sein d’une coopérative de pêche et d’aquaculture responsable de la coquille Saint-Jacques (label « MSC pêche durable »). On dénombre 300 à 400 espèces de pétoncles dans le monde dont la coquille Saint-Jacques. Mollusque filtreur qui se développe dans les eaux froides et se nourrit essentiellement de phytoplancton, le pétoncle japonais « Mizuhopecten yessoenis » est reconnu comme l’un des meilleurs au monde, notamment pour son muscle adducteur strié plus charnu que la moyenne, sa texture ferme et son goût « Umami » prononcé (le cinquième goût découvert au japon, avec le sucré, l’acide, le salé et l’amer).

Il existe plusieurs procédés de culture des coquilles Saint-Jacques, la ferme aquacole d’Ōmu pratique la méthode en écloserie, ou nurserie en mer, dont l’objectif est d’élever le mollusque suivant différentes phases qui correspondent à des cycles biologiques. Pour organiser la récolte, la coopérative s’appuie sur un découpage géographique ingénieux pour la bonne gestion des stocks des différentes parcelles en mer d’Okhotsk, grâce à une cartographie savante et une surveillance maritime méticuleuse.

Cette industrie maricole japonaise est en plein essor depuis le milieu des années 1960, mais en 2023 elle a été sérieusement ébranlée suite à l’embargo des produits de la mer par la Chine (représentant à elle seule environ 40 % des exportations maritimes). La Chine a en effet profité du rejet des eaux contaminées de la centrale nucléaire de Fukushima le 24 août 2023 pour conforter sa place de leader dans la production de pétoncles en termes de volumes. L’embargo chinois a eu pour double conséquence d’augmenter les stocks d’invendus et de faire chuter les prix brutalement.

Cependant, en l’espace de quelques mois, la pêcherie de fruits de mer japonais a fait preuve d’une résilience exceptionnelle pour se redéployer : par l’augmentation des exportations massives vers les États-Unis et l’Europe, mais aussi vers de nouveaux marchés en Amérique du Sud (Argentine, Chili, Mexique, Brésil) ; et par l’ouverture de nouvelles lignes de production où la main-d’œuvre est moins chère et plus nombreuse, notamment au Vietnam d’où un volume important de coquilles Saint-Jacques est désormais transformé, reconditionné puis réexpédié. « Le succès c’est tomber sept fois, se relever huit » dit le proverbe japonais.

Cette série a été exposée lors de la 26e édition de l’exposition “Japan International Seafood Show” en août 2024 à Tokyo, et lors de la 10e édition du sommet « Tokyo Sustainable Seafood Summit (TSSS) » en octobre 2024.

Légendes photo

Photo 1 : Cartographie marine correspondant aux différents cycles biologiques des mollusques : grossissement juvénile de 2 mm à 30 mm en filet à maille fine, à faible profondeur ; pré-grossissement avec un filet à maille moyenne dans une zone dédiée au large ; puis grossissement sans filet jusqu’à la taille adulte de 11 centimètres minimum (ce dernier cycle est d’environ trois ans).

Photo 2 : Bateau de pêche à la drague de pétoncles en mer d’Okhotsk appartenant à la coopérative d’Ōmu. Le navire a été coupé en deux pour rallonger sa cale en 2023, celle-ci peut désormais contenir environ 4 tonnes de coquillages. Le coquillard racle le fond marin à l’aide de grandes griffes métalliques suivies de filets.

Photo 3 : Petit autel sacré situé à l’intérieur de la cabine du commandant du bateau de pêche de la coopérative.

Photo 4 : Capitaine dans la cabine de commandes du coquillard ultra moderne dont l’équipage est constitué généralement de 5 hommes.

Photo 5 : Cabine des marins à bord du coquillard où l’on retire ses bottes à l’entrée. La cabine exiguë permet de se réchauffer, de se restaurer et de se reposer entre les sessions de récoltes sur le pont toutes les 45 minutes environ.

Photo 6 : Les pêcheurs remontent le filet plein de coquilles Saint-Jacques à bord du bateau.

Photo 7 : Le capitaine du bateau est aux commandes de la grue qui sert à manipuler les dragues et les filets à bord, la sécurité de son équipage est entre ses mains.

Photo 8 : Cale du bateau de pêche durable pouvant stocker jusqu’à 4 tonnes de coquilles Saint-Jacques en haute-saison.

Photo 9 : Les pêcheurs opèrent un premier tri des coquilles Saint-Jacques à la main à bord du bateau.

Photo 10 : Remplissage du bateau avec les dernières coquilles Saint-Jacques fraîchement pêchées avant fermeture de la cale pour protéger la marchandise.

Photo 11 : Détail sur les pétoncles japonais reconnus comme l’un des meilleurs au monde.

Photo 12 : Dégustation de sashimis de noix de Saint-Jacques dans la cabine à bord du bateau de pêche.

Photo 13 : Le filet géant de la cale contient environ une tonne de coquilles Saint-Jacques.

Photo 14 : Acheminement des coquilles Saint-Jacques en camion dans la zone d’entreposage située près du port d’Ōmu.

Photo 15 : Stockage à l’usine des coquilles Saint-Jacques tout juste pêchées en mer d’Okhotsk (24 tonnes de capacité de stockage).

Photo 16 : Chaîne de production de la coopérative d’Ōmu pour l’ouverture des coquilles Saint-Jacques. Les employés sur les chaînes de production dans cette coopérative sont thaïlandais.

Photo 17 : Chaîne de nettoyage et de triage des pétoncles dans l’usine.

Photo 18 : Chaîne de production où sont triés les noix de Saint-Jacques à la main. Chaque marché à l’export a ses préférences en terme de taille pour la consommation.

Photo 19 : Triage des noix de coquilles Saint-Jacques dans l’usine de pêche durable d’Ōmu.

Photo 20 : Vue panoramique sur le port maritime de la ville d’Ōmu dans la sous-préfecture d’Okhotsk à Hokkaido.

Affiche de l’exposition :

Exposition Pêcheurs de Saint-Jacques à Hokkaido au Japan International Seafood Show - Christophe MOEC