Pousseurs de brouette de Yaba
Photographie de quatre hommes assis sur des brouettes sur une artère située entre le quartier d’Idi-Oro et Jibowu, près de Yaba à Lagos, au Nigeria. Ils exercent un métier courant dans la mégapole de 22 millions d’habitants, ils attendent dans la rue avec leur brouette et ils proposent leur services de manutention et déplacement de marchandises en tout genre (courses, bouteilles d’eau, objets volumineux ou lourds du type matériaux de construction, etc.). Les clients peuvent être des professionnels ou bien des particuliers, par exemple des personnes qui circulent en van comme ici en arrière-plan, en taxi, ou avec leur voiture garée loin. Mais ce métier est dans le collimateur du gouvernement de l’État de Lagos depuis plusieurs années sans que celui-ci ne parvienne à l’éradiquer, le va-et-vient des pousseurs ajoute en effet du danger à la circulation déjà chaotique, et ils sont suspectés d’un grand nombre de déversements de déchets sauvages sur les terre-pleins et dans les canaux d’irrigation renforçant les problèmes d’inondation (avec la complicité des résidents ou des personnes qui les embauchent). Or, la collecte des déchets et le système d’évacuation des eaux pluviales constituent un point sensible à Lagos. Lors de pluies diluviennes, les déchets empêchent l’eau de s’évacuer librement et la circulation devient vite dangereuse. Il arrive même que des piétons tombent dans un caniveau béant invisible et trouvent la mort emportés dans les égouts submergés.
Ci-dessous, un portrait de rue de deux autres conducteurs de brouette un peu plus loin dans le quartier de Surulere. Quand un client apparaît, au premier signe de celui-ci, ils bondissent sur la chaussée et c’est le plus réactif qui effectue la course. Le tarif oscille entre 50 et 200 nairas suivant le chargement et la distance à parcourir (soit environ entre 0,03 et 0,12 centimes d’euro) voire davantage, tout est affaire de négociation. Mais il arrive qu’une partie de la marchandise disparaisse mystérieusement en chemin ou qu’elle finisse endommagée suite à une collision, un nid-de-poule…

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Une série issue de mes photos prises à Lagos a obtenu la première place du Prix international MonoVisions – Black & White Street Photography Series of the year 2025.